Adepticus Titanicus: les attentes.

 

            Les rumeurs allant bon train sur internet, il semble opportun de faire le point sur la sortie d’un jeu qui fait/ va faire couler beaucoup d’encre: Adeptus Titanicus. Les plus jeunes parmi vous doivent se poser la question du pourquoi tout ce bruit autour de cette énième boîte de Games Workshop. Laissez-moi vous emmener sur les routes (pavées de bonnes intentions) de l’hérésie d’Horus et vous parlez de l’ancien jeu ainsi que ce que nous savons sur le nouveau…

 

Un temps que les moins de 20 ans…

            La version originale d’Adeptus Titanicus (AT pour les intimes) date de 1988. Elle a été créée par Jervis Johnson et elle sera le socle de ce qui créera ensuite Epic.

            Elle se passe pendant l’hérésie d’Horus et voit l’affrontement de gros robots appelés Titans… Non, non, je ne vais pas vous faire un autre article sur l’hérésie d’Horus. Les autres l’ont fait mieux que moi, je vous laisse aller voir. Je vais vous parler d’autre chose: en 1988, j’avais 10 ans. Je jouais à Heroquest, Space Crusade et les livres dont vous êtes le héros. En 1990, ma chère mère m’emmène au Damier pour mon anniversaire et c’est là que je trouve ma boite d’Adeptus Titanicus. J’ai pris une claque: pas de cases, il faut un mètre. Des arcs de tirs en degrés et une figurine à monter. Qu’on peut personnaliser. J’ai repris une claque: oui, je passais trop de temps dans cet univers et pas assez sur mes études.

            AT a marqué une génération : Premier jeu de figurines et surtout une entrée de gamme exceptionnelle.

 

 Un jeu poussé par la narration:

            Quand on a 12 ans, pour qu’un jeu vous emporte, il faut une ambiance qui vous tient à la table. Bercé par Goldorak, le thème des gros robots n’a pas eu de mal à me convaincre. Mais ce n’est pas ce qui m’a scotché à la table, ce sont les 10 pages de background présentant l’imperium et les différents ordres, le Chaos et la Trahison d’Horus m’ont fasciné.

            L’histoire ne s’arrête pas là. Dans les règles du jeu même, le narrateur fait référence à l’univers sans cesse. Chaque partie a un scénario qui peut être lié à d’autres pour former une histoire différente.

            Et puis vous commandez vraiment votre titan. Vous lui donnez des ordres, il est dur à manier, il y a des contraintes à prendre en compte. Si vous voulez que votre robot tire pendant son mouvement, vous devez faire certaines actions. A chaque tour de jeu, on voit évoluer les titans… 

 

Un peu de mécanique :

            Les scénarii nous donnent les informations de départ, déploiement, composition d’armée et objectifs. Une partie est divisée en tour, qui se décompose en 5 phases.           

            La phase d’Ordre permet aux joueurs de donner des ordres à ses titans sous la forme de pions face cachée. Il y a 4 ordres possibles:

                                   _ Le « First Fire » qui fait sacrifier son mouvement pour tirer en premier

                                   _ L' »Advance » qui permet de bouger et tirer normalement.

                                   _ La « Charge » qui … vous vous doutez de ce qu’il fait.

                                   _ Le « Damage Control » qui permet de mieux se réparer mais implique de laisser de côté le mouvement et le tir.

            Ensuite venait une phase de mouvement, une de réparation et une de combat où les ordres sont résolus. Les tours se jouaient en alterné: on commence la phase de mouvement, le premier joueur joue une unité, l’autre joue, etc… On recommence la même chose pour les réparations et le combat.

 

Le problème des gros engins:

            C’est dur à bouger. Le mouvement de votre titan dépend de votre ordre.

            Si vous avez un ordre de « Charge », vous êtes le premier à avancer. Vous pouvez le faire sur une plus grande distance en général mais vous ne pouvez-vous tourner que de 45°.

            Si vous avez un ordre d' »Advance », vous pouvez bouger de votre mouvement normal et faire jusqu’à 4 virages de 45°. Vous le faites après que toutes les charges aient été effectuées. C’est l’ordre qui donne la meilleure mobilité.

            Si vous avez un ordre de « First Fire », vous ne pouvez pas bouger mais vous vous réorientez de 45 °, après que toutes les « Advance » soient faites…

            A noter que, pendant la phase de tir, ce sont les tirs des « First Fire » qui se résolvent avant les autres et que ceux des « Charge » se font en dernier.

 

Savoir encaisser:

            Le système de tir du jeu était étonnamment simple: Chaque arme, à moins d’une capacité spéciale, a 1 dé. On le lance et on doit faire plus que le « pour toucher » de l’arme. Ce résultat peut être modifié par la portée, le couvert et certains ordres. Les « First Fire » tireront mieux alors que les « Charge » seront moins précis. 4 bonus/malus, assez facile à lire.

            Là où ça se complique, c’est quand on rentre dans les dégâts. Tant que votre titan à des boucliers, tout va bien. Il se fait toucher, il perd un bouclier.

            Mais s’il est sans défense, il va falloir faire un jet de dommage critique pour mesurer la gravité du coup. Ensuite, il faudra faire un jet de localisation  et aller voir dans la table correspondante pour voir l’effet… Heureusement, tout cela est noté sur la fiche du titan.

            Les dégâts peuvent avoir des effets tonitruants (et drôles), de l’explosion au simple feu qui s’éteint sans gravité.

 

La nouvelle édition:

            Bon, qu’est ce qui va changer? Difficile à dire. Le livre de règles, qu’il est possible de voir feuilleter dans une vidéo, semble avoir les mêmes phases de jeu. Le système d’ordre a changé puisque que ce serait des bonus qui nécessitent des jets de D10 à réussir, « Advance » étant un ordre par défaut.  Parmi eux, on aurait un ordre pour séparer les tirs sur plusieurs cibles, un ordre pour tirer pendant la phase de mouvement, un ordre de course… pleins de nouvelles possibilités.

            Pour le mouvement, plutôt que de jouer avec des angles, les titans devront bouger dans leur arc avant, qui sera dans les 90° devant la figurine.

            On reste sur le même format de parties, de 2 à 3 titans. Les rumeurs parlent de manière de jouer libre/ narratif/ jeu équilibré avec 6 scénarios narratifs et un mode campagne.

            La fiche récapitulative du titan Warlord a été vue et elle a changé, suggérant une autre façon de localiser les touches, mais aussi de gérer la puissance de son réacteur. Il serait possible de pousser son moteur pour obtenir des bonus mais cela pourrait se payer cash. 

            Une chose de sur : les figurines sont magnifiques. Les Chevaliers font à peu près la taille d’un marine, laissant au Warlord le soin de faire la taille d’une grosse Riptide Tau. Les détails sont bluffants et une myriade d’options est annoncée…

 

Ce que j’attends:

            Parler de ses attentes est une chose difficile. On passe toujours pour un enfant gâté.

Ayant été échaudé par Bloodbowl et consorts, je veux d’abord un jeu qui ne joue pas sur la nostalgie. Ce qui m’a plu étant petit, c’est que le jeu ne ressemblait à rien de ce que je connaissais.

Je veux de nouvelles mécaniques plus précises, plus efficaces, plus capable de me faire sentir le poids du titan et la puissance de ses armes. Le jeu racontait une histoire et me demandait de raconter la mienne. Je veux pouvoir raconter ma partie.

            Le truc, c’est que tout ce qu’a montré Games Workshop va dans ce sens : des figurines formidables, des décors d’une superbe qualité et un background vraiment vraiment cool (Spéciale dédicace à Heavy !;-) ) Les règles respectent l’ancienne version, en garde le dynamisme avec le tour alterné mais en changeant aussi les possibilités.

            Tout est presque trop beau…

           

Conclusion :

            Voilà pourquoi les jeunes, vous voyez des vieux trépigner à la sortie de chaque rumeur sur ce jeu. Innovateur à sa sortie, avec un système efficace et narratif, il a transporté beaucoup de jeunes de l’époque dans la galaxie du wargame en général. Depuis Février, Games workshop a présenté un jeu qui semble faire évoluer son aîné dans la bonne direction et qui va faire jouer. Oh oui, ça, il va faire jouer…

Greg