Comme je n’ai pas de sous, plein de temps libre et que j’aime bien frimer, je préfère largement peindre mes motifs de boucliers médiévaux. Que ce soit pour du oldhammer pur cru, de l’histo ou n’importe quelle héraldique, je vais essayer d’expliquer pas à pas le moyen de reproduire ces motifs, afin que vous puissiez vous aussi économiser vous sous, perdre votre temps, mais aussi frimer devant vos amis!

Cette méthode est empirique et s’applique très bien par la suite à tout type de motifs, et fonctionne pour la plupart des freehand que l’on voudrait réaliser. Sur les photos du pas à pas les boucliers sont collés sur les figurines qui sont déjà peintes, je préfère en général les laisser sur grappes pour les manipuler plus facilement. Il suffit ensuite de les dégrapper et d’effectuer de mineures retouches avant de les positionner. Le seul inconvénient de cette procédure sera une moins bonne maîtrise de la direction des ombres.

 

Pour cet exemple précis je travaille une unité de guerriers (commando) irlandais, donc dominante jaune et noire avec travail de courbes celtique. Je ne donne pas la liste précise des couleurs mais plutôt les techniques employées et l’ordre dans lequel j’effectue les actions.

La palette humide est un vrai plus dans cet exercice puisqu’elle permettra de préserver certaines nuances qui doivent rester accessibles lors des étapes successives, notamment pour permettre des retouches et corrections.

 

1 Pose des bases. On pose d’abord dans le frais le champ du bouclier (le fond). Dans le cas d’une répartition équitable on privilégie la couleur claire, les tons sombre étant plus couvrant pour revenir dessus par la suite. Dans le frais donc, la valeur haute est appliquée dans la partie supérieure du champ, légèrement assombrie vers les bordures et la bosse (la partie centrale), puis encore assombrie vers le bas.

2 Ébauche. Avec une couleur très claire et un pinceau à détail, on viens esquisser le motif. Le trait est léger pour pouvoir être repassé si besoin. Sur le premier et troisième bouclier les motifs sont à peu près définitifs. Pour le deuxième il s’agit d’un simple découpage géométrique qui permettra de bien se repérer. Le quatrième demeurera très simple.

3 Esquisse. Avec la deuxième couleur, très dilué, presque un lavis, on viens confirmer le motif au pinceau détail, cette fois ci de façon plus définitive. Mais il ne faut pas non plus s’alarmer des imperfections, il sera bien plus aisé de venir les corriger par la suite avec le contour. Le premier motif à vu son trait déjà épaissi. Le deuxième reste à travailler. Le troisième est tracé depuis l’intérieur, puisque ce schéma sera rempli. Le dernier, de par sa simplicité, est déjà plein.

4 Précision. Ici la couleurs du motif est proprement appliqué puis éclaircie dans sa partie supérieure en deux étapes. On concentre cet éclairage en fonction de son emplacement sur le bouclier, plus haut, plus de lumière. Les parties qui reçoivent une autre couleur subissent le même traitement (premier en beige et troisième en orange).

5 Reprise des contours. Cette étape discrète sur les photos est cependant assez importante. En reprenant la couleur du champ, on vient effacer les traits de construction et gommer les ratures du motif. Ceci permet d’affiner et de préciser le dessin. On en profite pour donner quelques éclaircissements au champ, là encore en accentuant vers le haut du boucliers. On vient aussi de cette façon souligner le motif, de manière à l’encadrer et à forcer encore un peu le regard dessus. (Ne faites pas attention au quatrième, je me suis un peu emballé dans les étapes)

 

6 Battle damage. Avec un brun sombre, on viens reproduire des entailles et des impacts de combat. In hésite pas à croiser les traits et à être imprécis. À doser selon votre convenance.

7 Éclaircissant des battle damages. Avec un pinceau très fin on reprend les entailles en éclaircissant fortement la partie inférieure (qui est celle qui accroche la lumière). On prend bien garde à reproduire la couleur de l’arrière plan, avec l’alternance du motif (c’est ici que la palette humide ou l’on conserve les nuances du champs se révèle très utile).

8 Poussière et boue. En guise de finition on peut salir un peu la partie inférieure du bouclier avec des teintes terreuses, appliquées soit en tampon demi sec, soit en jus irrégulier. Cela dépend de l’envie, du thème de l’armée et peut être accordé à l’environnement des socles.

Voila vos murs de boucliers parés à recevoir les charges de l’ennemi ainsi que les louanges des admirateurs. Si ces techniques peuvent paraître fastidieuses la première fois, il y a fort à parier que vous preniez vite la main par la suite. Vous pourrez ensuite les appliquer à de nombreux autres sujets, tels que bannières, grimoires, caparaçons et à peu près toute surfaces relativement plate…

Amusez-vous

Jean Peinture