Warlord Games continue à explorer les différentes batailles de la seconde guerre mondiale en sortant un nouveau supplément pour Bolt Action. Cette fois, ils nous proposent Stalingrad et ce qu’il s’est passé d’Aout 1942 à Février 1943 dans cette ville russe tristement célèbre. Nous allons jeter un œil sur l’histoire, sur la boite qui va sortir et sur le livre de campagne en lui-même…

La ville, la bataille et son histoire :

La ville de Stalingrad a eu plusieurs noms depuis sa création en 1589. Elle a été rebaptisée Volvograd en 1961 et c’est sous cette dénomination que vous la retrouverez de nos jours. Elle se situe dans l’Ouest de la Russie, entre la Volga et la Tsarita. Bon, pour être plus clair, elle se trouve entre la Russie et la Turquie, l’Europe de l’est et l’Asie. Quand on la voit sur la carte, on ne peut avoir de doute sur sa situation stratégique, juste au milieu du continent.

La bataille de Stalingrad s’est déroulée entre l’été 19 42 et la fin de l’hiver 1943. Les Allemands en Juin 42 lance une offensive appelée « Le Cas Bleu », plus tard Brunswick » dont l’objectif est de prendre les puits de pétrole  du Caucase, pour éviter des pénuries d’essence futures. Pour cela, il était impératif de contrôler la Volga dont le centre stratégique incontournable autant en communication qu’en flux de marchandises est Stalingrad.

2 éléments ont gardé cette bataille dans la mémoire : historiquement, elle est caractéristique de la stratégie allemande qui consiste à frapper fort dès le début. A Stalingrad, La VIeme armée d’Hitler avait conquis les 90% de la ville et quasiment coupé les dernières poches de résistances de leurs soutiens. Mais elle a aussi été incapable de les éradiquer complètement, coutant des ressources précieuses et permettant l’arrivée des renforts.

Le 2eme élément plus funeste est l’âpreté des combats. Je vous épargne le décompte des morts mais c’est une bataille qui se déroulait en pleine ville, n’épargnant personne, civils, militaires, femmes, enfants. Ce sont les pires heures de la guerre totale voulue par Hitler et probablement de l’humanité. Tout cela est amplifié par le statut de symbole de la ville. Les 2 camps étaient exsangues et avaient besoin de victoire. La propagande des 2 pays ont monté cette bataille comme le point culminant de leur campagne. Staline a remis un discours désespéré en 1942, chaque soldat russe savait qu’il était le dernier rempart avant l’effondrement de son pays…

Une boite fournie pour commencer :

Mais revenons au jeu. Warlord nous propose 3 éléments pour nous faire découvrir cette bataille : Un livre de campagne, une boite d’escarmouche et un Battle set.

Un battle set dans la gamme de Warlord est une boite contenant 2 armées complètes, une série de décors qui correspondent à l’environnement décrit et toutes les règles pour jouer. C’est un achat quasi individuel, vous n’avez besoin de rien d’autre pour jouer. En général, c’est même le genre d’achat que je recommande de faire à 2, chacun prenant une armée. Cela offre un discount intéressant et cela vous permet d’avoir quelqu’un avec qui vous savez que vous allez jouer, garantissant le retour sur investissement.

Le Battle Set de Stalingrad peut se diviser en 2 parties :

_ La partie décors en MDF composée d’une usine en ruine, de 6 bâtiments et de la fontaine Barmaleï caractéristique de la ville. A première vue les bâtiments ont l’air trop ouverts mais ils sont parfaits pour le jeu. Leur côté ouvert permet de poster en sécurité des figurines dessus et de pouvoir passer dessous sans les faire basculer.                 Pour compléter cela, 5 cratères et 3 barricades en résine ainsi que du fils de fer barbelé serviront de petits éléments sur le plateau. Au final, c’est une table de taille respectable d’au moins 60×60, avec l’usine en décor prédominant.

_ La partie figurines, bien sûr séparée en 2 armées.  Les allemands ont une bonne base d’infanterie, 4 unités de 10 avec les armes spéciales et leurs tenues hivernales. A noter l’opérateur d’artillerie et le lieutenant en plus. Ils sont secondés par un Sd.Kfz 139 Marder III, un tank utilisé en plateforme anti-char. Les soviétiques ont aussi 4 unités d’infanterie, moins bien équipées comme le veut l’histoire. Néanmoins ils seront accompagnés de 2 équipes de snipers et d’un peloton de commandement plus fourni.  Le char qui les accompagne est l’emblème même de l’armée rouge puisqu’il s’agit d’un T-34/76, plus polyvalent que son opposé allemand.

Comme vous le lisez, il y a vraiment de quoi faire dans cette boite, tant au niveau décors que figurines. Si vous prenez les allemands, je vous conseille de réfléchir à une composition plus aérée avec des unités de 5 pour prendre plus facilement les flancs. Vous aurez largement de quoi faire les armes spéciales supplémentaires dans les grappes. Pour les soviétiques, je trouve l’armée assez équilibrée, même si elle correspond à une version plus proche du début du conflit…

Une campagne, un livre :

Pour vous permettre de jouer dans ce cadre de campagne, Warlord vous propose un livre qui retrace les différentes périodes du conflit et les listes d’armées ainsi que les scénarios propres à chaque moment. Les 176 pages de cet opus se divisent en 3 parties majeures, précédées d’un  prélude qui résume la bataille et présente les éléments historiques de la bataille de façon détaillée. :

_ L’approche de la ville de Stalingrad avec un focus particulier sur la Bataille du Don (un fleuve juste avant la ville).

_ La prise de la ville par les allemands des assauts blindés sur la Volga aux combats urbains à l’intérieur.

_ L’Opération Uranus, l’encerclement de l’armée allemande ainsi que les tentatives pour casser le siège.

En tout, 22 scénarios  complets avec les compositions d’armée, les déploiements et autres conditions nécessaires au jeu. Vous aurez majoritairement des objectifs de contrôle, un peu de destruction. Bien entendu, les moments emblématiques comme les duels de snipers seront présents avec les caractéristiques des 2 personnages rendus célèbres, Le Major Erwin Königs et Vasily Zaitsev.

La fin du livre est consacrée au jeu pur avec de nouvelles unités pour les soviets comme le commissaire qui booste le moral et les capacités de tirs des troupes, des nouveaux snipers ou les Storm group. Ce sont des vétérans redoutables en particulier au corps à corps, qui annulent les couverts ennemis par un déluge de grenades. Pour les allemands, les nouvelles unités étant essentiellement de l’infanterie connue, il s’agissait de retranscrire la diversité des équipements. Les profils ont donc accès à plus d’options, à plus de choix d’armements ou de règles spéciales. A noter des unités inexpérimentés pour représenter les troupes assemblées à la va vite pour chasser les dernières poches de résistance soviétiques équipées. Ces unités peuvent changer d’équipements en début de bataille et de façon aléatoire !

Si vous ajoutez à cela des troupes croates, une armée roumaine, les règles pour les charges de démolition et les traditionnelles listes d’armée pour représenter l’évolution des 2 camps à chaque moment important de la campagne, vous avez un livre complet et dense proposant une sacrée quantité d’options de jeu…

Conclusion :

Contrairement à certaines de leurs dernières boites de ce genre, Warlord Games délivre avec Stalingrad un contenu de bien meilleure qualité. Le Battle set convient parfaitement à 2 joueurs débutants ou à des vétérans voulant commencer des armées hivernales. A noter le côté pratique des décors. Le livre de campagne, quant à lui, apporte tout ce qu’il faut et se présente comme un ajout intéressant à tout collectionneur de russes ou d’allemands.  Et en plus du jeu, on a une véritable encyclopédie sur un moment poignant de l’Histoire…

Et si vous avez envie de revivre cette célèbre bataille (et ou de nombreuses autres), cliquez donc sur l’image ci dessous