Nous nous souvenons tous de notre premier contact avec le monde de la figurine. Il a été déterminant, et a fait de nous les gamers, voire geek que nous sommes. Il peut s’agir d’une figurine vue sur une étagère, une partie jouée par des amis dans un garage, ou encore la vitrine d’un magasin de jeux. 

L’instant émotion (à passer si vous n’êtes pas un sentimental du pitou)

Pour moi, ça a été une partie de Warhammer Quest chez mes cousins, lorsque j’avais onze ans. Je venais de voir mon premier Star Wars, le Retour du Jedi (oui, je les ai vu dans le désordre…), et mes cousins décidèrent de finir la soirée en se faisant un bon Warhammer Quest. Bien que je ne me souvienne pas bien de la partie en elle-même, je me rappelle très bien avoir bavé devant les figurines, que je trouvais trop bien peintes. Avec le recul, la peinture était vraiment moche…

Et c’est ainsi que rentrant de mes vacances, et des étoiles plein les yeux, je suis allé dans le premier magasin de jeu que j’ai trouvé, et j’ai tanné ma mère pour qu’elle m’achète une boite de figurines. Le magasin n’avait pas de Warhammer Quest, mais j’étais tombé sur la boite de base de Warhammer 40k, et étant déjà fan de SF, mon choix était fait. C’est alors que j’ai promis à ma mère de ne jamais acheter d’autres figurines si elle me prenait cette boite. C’était, sans en être conscient à ce moment, le plus gros mensonge de toute ma vie. En effet, j’ai passé tout mon argent de poche, de noël, et anniversaire dans les figurines, et j’en ai aujourd’hui fait mon métier.

(Fin de l’instant émotion)

Mais pourquoi je vous raconte ça ? Tout simplement pour vous montrer à quel point j’attendais ce jeu au tournant. J’ai un Warhammer Quest à la maison, offert par un ami qui l’a trouvé dans son grenier, et que je garde religieusement chez moi. Le fait de retoucher un monument du jeu était un pari assez risqué pour Games Workshop, et je ne suis pas le seul à avoir espéré une réédition de ce jeu mythique. Mais en même temps, si le jeu était raté, la déception aurait été terrible.

Verdict ?

Le jeu est GENIAL !!!!!!!!!!!

Il ne s’agit pas d’une simple reprise, comme Space Hulk a pu l’être. C’est une réécriture du jeu, qui efface ses défauts, met en avant ses qualités, et réinvente le genre. Le principe de base reste le même, vous explorez un donjon avec une bande hétéroclite d’aventuriers. Vous affrontez des monstres, gagnez de l’expérience, et trouvez des trésors. Mais au delà de ça, la mécanique de jeu à été entièrement revisité, le jeu est devenu bien plus narratif, les figurines sont à tomber par terre, les missions infinies, et la rejouabilité n’a pas de limites. Je vous propose de faire un tour de toutes les idées géniales mises en oeuvre dans Warhammer Quest : Silver Tower

L’Histoire 

Le jeu se déroule dans l’univers de Age of Sigmar, et vos aventuriers se rendent à la Tour Argentée (Silver Tower) pour passer les épreuves d’un des neuf Gaunt Summoner de Tzeentch. Ces champions doivent alors unir leur efforts pour vaincre les énigmes, pièges, monstres, et autres villainies du maître des lieux. La Silver Tower elle-même est un danger permanent, car les salles ne sont jamais au même endroit. Impossible de tracer un plan, une même porte ne s’ouvrant jamais sur le même lieu. Vous êtes dans la demeure de tzeentch, Dieu du changement…

Même si vous devez unir vos efforts pour vaincre, les raisons qui poussent les champions à rentrer dans la Silver Tower sont variées. Certains cherchent à plaire à leurs Dieux, d’autres à assouvir une vengeance, ou encore une mort honorable… Quelque soient les raisons qui poussent ces guerriers à entrer dans la tour, ils sont loin de partager les mêmes allégeances. C’est pour celà qu’il n’est pas rare de voir un Stormcast aux côtés d’un Chaotique, alors que tout devrait les opposer…

Les figurines

Savant mélange de Old School et de nouvelles sculptures, les figurines de Silver Tower font partie des plus belles figurines de Games Workshop. Nous avons commencé à peindre certaines.
Comme vous pouvez le constater, les figurine d’horreur rose ont la même pose et le même gabarit que les anciennes figurines d’il y a 20 ans, avec leurs bras fous en l’air. Elles ont par contre la finesse de sculpture du 21ème siècle !

La figurine du Barbare est une de nos préférées. Elle n’a pas le « gigantisme  » qui touche certaines des dernières figurines chaotiques produites par GW. Au contraire, elle a de très belles proportions, avec de très beaux détails, sans que celà nuise à la lisibilité de la figurine.

Donc très bonne surprise pour les bonhommes, qui mettra d’accord tous les figurinistes, que ça soit le fan de Old Hammer, ou celui de AoS.

Le système de jeu

Comme je vous l’ai annoncé plus haut, il y a énormément de bonnes idées, très originales. Sans être exhaustif, voici quelques exemples : 

  • Les salles qui disparaissent : Au fur et à mesure que vous découvrez de nouvelles salles, les anciennes peuvent disparaître. Si votre groupe de guerriers se disperse trop, ceux qui se retrouvent isolés seront avalés par le warp… Ainsi, vous pouvez rejouer un même scénario une infinité de fois, car vous ne savez jamais quelle salle se cache derrière une porte. Et dans une même partie, vous ne pourrez jamais rebroussez chemin, les pièces changeant constamment de place !
  • Les points d’action : Chaque héros dispose de 4 dés d’action, qui correspondent aussi à ses points de vies. Au début du tour il jette ses dés, en les plaçant sur sa fiche de personnage. Il peut utiliser un dé pour faire une action, tant que le dé est égal ou supérieur à la valeur de l’action. Par exemple, si l’action demande un 3+, il peut dépenser un dé indiquant un 5, mais pas un dé indiquant 2. Pour les plus malchanceux, ne vous inquiétez pas, les actions de base comme avancer ou explorer sont à 1+, ce qui signifie qu’elles peuvent être jouées quelque soit le résultat des dés. A chaque fois que vous perdez un point de vie, vous perdez un dé d’action, ce qui limite vos choix durant votre tour.

  • L’expérience : A chaque fois que vous tuez un monstre vous avancez un pion sur une roue. Lorsque votre pion a fait un tour complet, vous piochez deux cartes compétence et en gardez une. Facile à compter, pas besoin de niveaux, ni d’expérience à distribuer. Vous pourrez donc faire les missions ultérieurs avec un personnage bourré de compétences, ou en prendre un tout frais !
  • Pas de temps morts : Lorsque vous avez nettoyé une salle, pas besoin de passer plusieurs tours à vous repositionner. Une nouvelle phase apparait, durant laquelle vous replacez vos héros comme bon vous semble, et pouvez fouiller la salle pour des trésors, sur un simple 4+. Vous l’aurez compris, tant qu’il y a des monstres vous combattez, une fois la salle nettoyé, un simple jet de dé vous permet de repérer s’il y a des trésors à récupérer.
  • Pas de maître du jeu : A tour de rôle, les joueurs se passent « La Rune », ce qui signifie qu’ils jetteront les dés pour les monstres, et qu’ils les placeront lors de leur apparition. Ces derniers ont un tableau de réaction qui vous indique quand ils vont bouger ou attaquer vos héros. Donc contrairement à une jeu comme « Descent » ou « Dungeon Saga », vous n’avez pas besoin d’un Maître du Jeu.
  • Un livre dont vous êtes le héros. Lorsque vous arriverez dans une salle, détruirez un mini-boss, le jeu vous demandera de lire une section du livre d’aventure, un peu comme dans un livre dont vous êtes le héros. Avec 90 entrées différentes, chaque partie racontera une histoire unique, ce qui renforce le côté narratif du jeu.

La durée de vie

Comme c’est un jeu de plateau, on s’attendrait à une durée de vie courte, ou tout du moins limité. Il se trouve que la volonté affichée de Games Workshop est d’en faire un « core game » qui suit de près l’évolution de Age of Sigmar. Plusieurs indices vont dans ce sens : 
 

  • Les boites estampillées Warhammer Quest : Silver Tower. En effet, il est prévu que des boites d’extensions sortent (comme vous pouvez en avoir pour les jeux comme Zombicide, Descent, ou encore Assaut sur l’Empire). La prochaine contiendra de nouveaux héros.
  • L’application Warhammer Quest : My Hero. Cette application permet de creer de nouveaux héros et de garder en mémoire l’évolution de vos aventuriers au cours d’une campagne. Cette application ser amise à jour régulièrement, vous permettant de creer une infinité de héros pour vos parties. 

  • La compatibilité AoS. De plus en plus de profils d’AoS vont avoir leur caractéristiques dans Silver Tower, et vice versa. Que ça soit pour de nouveaux monstres peuplant le labyrinthe, ou pour de valeureux héros les combattants, vous pourrez jouer toute votre collection de figurines AoS pour Warhammer Quest, ainsi que l’inverse.
  • Dans le livre de règle, vous avez déjà le profil de monstres « exotiques ». Il s’agit en fait des figurines que vous pouvez assembler avec un kit de burning charriot : Exalted Flamer of Tzeentch, Herald of Tzeentch et Screamers of Tzeentch.

Sans compter que chaque mission est totalement différente à chaque session de jeu, Warhammer Quest : Silver Tower est donc un très bon investissement sur le long terme !

Conclusion

19/20 ! C’est clairement le meilleur jeu de plateau Games Workshop auquel j’ai joué ces dix dernières années. Le jeu est drôle, pleins de surprises, facile à prendre en main et aucune partie ne se ressemble. Les combinaisons tactiques entre les personnages sont sans limites, et les figurines sont magnifiques.
Alors pourquoi ne pas mettre un 20/20 ? Tout simplement parce qu’une fois qu’on a joué à Warhammer Quest : Silver Tower, le premier Warhammer Quest devient bien fade. Et je trouve ça triste de rendre obsolète un souvenir d’enfance…

Voilà, j’espère que vous vous amuserez autant que moi avec ce jeu, et je vous dit à bientôt !

Ezek