Le point de départ:

This war of mine se passe dans la ville de Pogoren. Une guerre civile fait rage et la ville est en proie a des pillages, des affrontements… L’armée fait des rafles, le froid de l’hiver est mordant et les vivres manquent. Vous êtes un professeur de maths, un garagiste, une journaliste ou même un déserteur. Vous êtes perdus et vous venez de trouver une maison, partiellement détruite. Elle parait abandonnée, relativement sure, ça ressemble à un plan valable….

 

Que doit-on faire? :

Prévu pour 1 à 6 joueurs, le jeu est purement coopératif. Le principe est de survivre en remplissant des objectifs tout au long des différents tours de jeu. Obtenir de la nourriture, consolider son refuge, se protéger des maladies, il faudra arriver à passer toutes les épreuves qui seront sur la route de votre petite troupe. Aucun des personnages n’est lié à un joueur: il vaut mieux d’ailleurs car This war of mine ne fait pas de cadeau. Quand un personnage a faim, il prend une plaque avec 4 points, des noirs et des blancs. Plus la faim augmente, plus la plaque prend de points noirs. A 4 points noirs, la personne est morte. Le principe est ainsi répété pour chaque danger du jeu et cela peut aller très vite si on ne fait pas attention. Soif, faim, maladie, moral, froid, il vous faudra donc gérer tous ces facteurs de jeu et espérer l’arrivée d’un cessez-le-feu…

 

Un découpage temporelle:

Chaque tour de jeu correspond à un jour et une nuit. Pendant la journée, vous pourrez explorer votre futur habitat et l’aménager du mieux possible. Vous pourrez aussi construire des petits objets comme des lampes de poche ou des objets plus importants comme un pistolet ou un chauffage. Vous devrez aussi subvenir aux premiers besoins des personnages du groupe: leur donner à manger, à boire, etc… La nuit,vous profiterez des ténèbres pour aller explorer les alentours de votre refuge, chercher des vivres, des médicaments en évitant de faire trop de mauvaises rencontres. Un des membres du groupe devra rester derrière pour protéger la maison des éventuels pillards…

 

Le train-train quotidien et sa mécanique:

La partie de Jour est gérée par un plateau où les joueurs assigneront leurs personnages. À chaque lieu correspond une action et l’état des survivants influencera grandement le nombre d’actions par tour. Vous pourrez aménager certains lieux pour qu’ils accueillent un établi pour construire des objets ou un chauffage pour vous poser ou même un lit pour mieux vous reposer.

La partie Nuit est quant à elle séparée en 2 parties qui seront résolues grâce à des cartes. Un groupe de personnages partira en expédition et piochera des cartes d’exploration. Les joueurs retourneront ces cartes 1 à 1 en accomplissant les épreuves et récupérant les récompenses. Attention car une épreuve peut consommer d’autres cartes explorations! Contourner un groupe de militaire vous fera défausser des cartes et ainsi vous aurez moins de chance de trouver des vivres. Pire, certaines rencontres pourront blesser voir tuer vos explorateurs… un système de combat simple mais très létal vous permettra de résoudre ces fâcheuses postures.

Un autre groupe de personnage sera quant à lui rester dans la maison mais ne croyez pas qu’il vont se tourner les pouces: ils vont devoir repousser les attaques des pillards ou de simples civils comme eux, qui n’ont plus rien à manger…

Si le système de jeu est dense, il est fluide et facile a apprendre. Au point que le jeu lui-même va vous expliquer des règles au fur et à mesure de la partie. Vous commencerez la partie en ne sachant pas tout et vous découvrirez au moment opportun la mécanique que vous débloquerez. Pas de règles superflues si vous n’explorez pas certains pans du jeu.

 

Est ce ludique?

C’est toute la question: Car la guerre n’est pas une partie de plaisir. Elle est violente et dure. Elle n’épargne personne et le danger peut avoir plusieurs formes: la soif, la famine, le froid,… et le moral. C’est le propos. Le jeu comprend un livre de script qui reprend le système des livres dont vous êtes le héros. Ainsi sur une carte, vous aurez parfois un numéro qui vous amènera à une description ou à des choix cornéliens: vous voyez un groupe d’enfants mourir de faim. Allez vous les aider au risque de perdre des vivres? Vous rencontrez un homme blessé, un fou ou un illuminé: Que ferez vous?

Le jeu en lui-même est dur et nécessitera toutes les ressources que vous allez trouver: la 1ère partie que nous avons jouée n’a pas dépassé le premier tiers du jeu. Ce n’est pas grave car il nous a emporté dans un suspense, dans une course vers l’avant, vers la survie comme rarement nous ne l’avions été. Son système est immersif. Tout est fait pour raconter l’histoire: un tour de jeu est un jour, une exploration comprend des cartes qui représentent le temps de fouille. Vous ne placez pas un personnage sur une case mais vous l’amener dans une partie de la maison. Vous vivez avec ce groupe et vos décisions le font vivre. Ou mourir.

 

En résumé:

Bon, pas la peine de tourner autour du pot: This war of Mine est un jeu quasi-parfait. C’est un peu comme le Tombeau des Lucioles (le film d’animation/la nouvelle/ le manga), pas forcément une histoire agréable mais une histoire nécessaire et prenante. Le jeu vous maltraite, vous pousse dans vos retranchements mais vous offre aussi des soulagements, des émotions quand cela fonctionne. Ce n’est de toute façon pas un jeu où on gagne: c’est un jeu où on raconte, où on se passionne pour un groupe de personnes qui vont vivre des choses difficiles dans un univers complexe….

Guitou