Présentation Seigneur des anneaux

 

            Il y a 17 ans, en plein mois de décembre sortait un film qui a fait basculer une génération. « La Communauté de l’Anneau », de Peter Jackson, lança ce qui sera pour beaucoup une ouverture sur le monde de la fantasy et si on discute actuellement de l’adaptation de « La Roue du Temps », on le doit à ce phénomène que nous avions accueilli avec frilosité, il faut bien se l’avouer. Quand je dis « nous », je parle des vieux de la boutique, (oui, oui, ne baissez pas les yeux), on a tous eu la trouille que ce soit un « four », ce film. Il faut reconnaître à Games Workshop le fait d’avoir soutenu le projet très tot, puisque le jeu dont je vais vous parler aujourd’hui est sorti avant les films. Sans plus attendre, voici une petite présentation de la nouvelle boîte de Games Workshop « The Lord of the Rings: Battle of Pelennor Fields »…

 

De quoi ça parle?

            Il y a 20 ans à peu près, Games Workshop cherchait une nouvelle manière de créer des nouveaux joueurs. A l’époque membre du studio, Alessio Cavatore avait proposé  un nouveau système relativement simple mais il manquait un cadre. Pas question de changer Warhammer, il fallait donc un autre univers. Un Peter Jackson plus tard, Games Workshop voit dans le Seigneur des Anneaux le parfait candidat. Un univers fort et la marque voit un défi à sa hauteur: Ils sont les spécialistes incontestés de la guerre en jeu, ils vont faire leur « Seigneur des Anneaux ».

            Ce fut un succès quasi immédiat, et d’autant que le jeu était distribué en grande surface, et plus simplement en boutique spécialisée. Les éditions Atlas, vendues en bureaux de tabac et en kiosques, ont vendu de la figurine Citadel… A l’époque, sa simplicité nous avait poussé à changer toutes nos tables de démos. On voyait du Seigneur des anneaux partout…

            Et avec son succès, la gamme n’a cessé de grandir. Chaque film a sa boîte, faisant progresser les règles, les faisant évoluer jusqu’à l’apparition d’un « Middle Earth Strategy battle Games ». Et encore aujourd’hui des passionnés se réunissent pour des grandes batailles comme de petites escarmouches.

            Pour faire court, cette boite est la 7ème édition de ce système.

 

On a quoi dedans?

            Dans cette boite complète et dense, vous trouverez tout ce qu’il faut pour jouer à cette nouvelle édition. Dés, pions et réglettes sont bien entendus là mais l’un des points forts du jeu reste qu’il ne faut pas un matériel très conséquent pour jouer. Et cela donne la part belle aux figurines donc, car la boite contient du monde.

            Les forces du bien sont menées par Théoden, roi du Rohan (une versiona cheval, une version à pied), 12 cavaliers, 20 guerriers du rohan à pied et 20 guerriers du chemin des morts.

            Les forces du mal sont quant à elle menées par le Roi-sorcier d’Angmar, monté sur une fell beast de la taille d’un dragon, 1 troll du Mordor et 36 orcs équipés pour la guerre.

(Note: Alors que j’écris ses lignes, Greg et moi sommes dans un désaccord. Si les moules sont les mêmes que les figurines sorties récemment -avec tout l’équipement dont vous pouvez rêver-, je trouve le plastique de meilleure qualité ( et donc la sculpture…)… Si certains d’entre vous ont encore des figurines de la première boite, amenez les au magasin qu’on vérifie si j’ai raison 😉 )

            Un petit livret présentera le jeu de figurines et donnera 4 scénarios pouvant se jouer en campagne. Attention! Il s’agit de vrais scénarios complets, certes didactiques mais pouvant donner de bonnes sensations même aux vétérans. 

            Enfin, le nouveau livre de règles est là aussi: Couverture dure, 208 pages en couleur, richement illustré de diagrammes comme de photos du film.  Un travail de qualité.

 

Comment ça marche?

            Détaillons un peu les règles en commençant par ce qui ne change pas:

            La mécanique de base du jeu ne change pas. Si vous avez déjà joué au jeu, le principe reste le même: Le jeu se joue avec un scénario qui va vous donner vos objectifs. La partie va être divisée en tour, eux-mêmes divisés en 5 phases. 

            La phase de Priorité va décider qui est le premier joueur.

            La phase de Mouvement est celle pendant laquelle les figurines sont bougées. Si les personnages ont des actions héroïques à faire, ils le feront avant les mouvements. Le premier joueur déplace toutes ses figurines, ensuite, le 2ème joueur fait de même.

            La phase de Tir permet aux figurines armées d’arcs et autres armes du genre d’agir. Sur le même modèle que la phase de mouvement, le premier fait tous ses tirs, etc… Résoudre un tir ne change pas: un jet d’un D6 pour toucher suivi d’un jet pour blesser en opposant la force de l’arme à la défense de la cible suivant une table simple. Si ce 2ème jet est réussi, la cible est tuée… 

            La phase de Combat permet de résoudre les mêlées dans l’ordre décidé par le premier joueur, après que les personnages aient fait leur actions héroïques. Une mêlée est en général composée de 2 combattants. Chacun jette 1D6, celui qui fait le plus force l’autre à reculer et à recevoir un jet de blessures. En cas d’égalité, le joueur qui a la plus haute attaque gagne. 

            Enfin, la phase de fin viendra surtout pour préparer le tour suivant.

Jusque là rien de surprenant, mais voyons un peu les changements…

 

Ce qui change et pourquoi…

            Parmi les éléments qui ont changé, on peut citer les actions héroïques. Sans pour autant modifier leur fonctionnement, il s’agit en fait d’une redistribution des actions héroïques disponibles aux personnages. Maintenant simplement 3 actions sont accessibles à tout le monde: Heroic move, heroic shoot et heroic combat, qui permettent aux héros ( et aux figurines autour d’eux) d’agir avant les autres, donnant des capacités de commandement à tous les héros. Mais rien de plus. Les autres actions sont dites « spécialisées » et deviennent réservées à certains personnages. Cela donne une autre narration au jeu permettant de mieux typer les héros par rapport à leurs possibilités dans les films ( ou les livres!). Parmi les nouveautés, certains héros ont « heroic challenge » qui permet de provoquer en duel un personnage adverse et vous battre qu’en un contre un, éliminant ainsi un surnombre peu chevaleresque. Le personnage devra être plus fort que vous, il n’est pas question qu’Aragorn aille rançonner les plus petits héros trop facilement…

            Cela permet aussi de rééquilibrer le jeu sur certains aspects: la magie était parfois un peu trop… évidente. Et sans contre. « Heroic resolve » permet aux troupes qui n’ont pas forcément de point de Might de faire des tests contre la Magie, ce qui leur donne une petite chance de survivre à des sorts de paralysie ou de peur. Les sorts ont d’ailleurs généralement été baissés ou rendus plus ardus mais rassurez vous, c’est pour faire un peu de place: pas moins de 12 sorts supplémentaires ont été ajoutés pour donner de la diversité à la Magie.

            Certains changements permettent de lisser les règles: les armes sont maintenant dans 3 catégories différentes: 1 main, 2 mains et 1,5 main, ce qui correspond à des armes à l’encombrement intermédiaire qui ont pu apparaître dans les précédentes éditions. De plus, il était possible de changer les armes d’une figurine si elle appartenait à une liste. Cette modification est toujours possible mais elle coûte des points d’armées maintenant, incitant ainsi le joueur a plutôt jouer l’arme par défaut et donc une vision plus narrative de la figurine.

            Dans la même idée, Les Règles Spéciales sont accompagnées de la mention « passive » ou « active ». Une règle passive fonctionne tout le temps alors qu’une règle active vous demande de pouvoir agir, donc de ne pas être sous un effet de jeu vous empêchant de l’être, comme paralysé par exemple…

            Mais il y a un dernier changement qui va avoir de l’importance…

 

Comme les autres…

            … jeux de Games workshop, il y a dans cette édition 3 modes de jeux: Open play, Narrative play et Matched play.

            En Open play, vous prenez vos figurines et vous jouez sans vous soucier d’équilibre… simple, facile.

            En Narrative play, vous jouez des scénarios qui racontent une histoire, généralement prise dans les films ou les livres et vous les rejouez en reprenant les figurines présentes pendant la scène. Chaque scénario vous indiquera quels personnages et figurines jouer, quels décors posés etc…

            En matched play, vous aurez la possibilité d’équilibrer vos parties par un système de points d’armée. Mais pas seulement: Une armée sera composée de groupe de combat centré autour d’un personnage. Plus celui-ci est important (représenté par la notion Tiers), plus il peut recruter de figurines et gagnera de bonus s’il est le chef de votre armée. A noter, 12 scénarios sont présents dans ce livre, spécialement utilisés en matched play…

 

Conclusion:

            Voila une bien belle boite que nous propose Games Workshop: fournie en figurines d’une grande qualité, elle apporte son lot de changements à un jeu qui en avait besoin. Si aucune de ses modifications n’est fondamentale, elles étaient néanmoins demandées par la communauté et proposent une version équilibré, plus simple d’un jeu qui retrouve une 2ème jeunesse. Elle s’adresse autant aux vétérans qui trouveront un intérêt renouvelé, aux nostalgiques qui retrouveront un système débarrassé de ses incohérences qu’aux débutants, car ce jeu est fait pour eux…