Présentation de Strontium Dog:

 

            Il y a 40 ans cette année, sortait le premier Starlord. Ce magazine de comics anglais contenait parmi ses héros Johnny Alpha et les Strontium Dogs. Pour nous, petits français, cela ne veut pas dire grand-chose mais de l’autre côté de la Manche, il s’agit d’un héros qui a bercé toute une génération de… Arf, non. Difficile de décrire Strontium Dogs comme ça. En tout cas, Warlord Games, aidé par Andy Chambers et Gavin Thorpe, nous livre pour cet été un jeu de figurines dans cet univers frais et drole. Si le sable de la plage vous em… ennuie autant que moi, venez faire un tour dans la New Britain…

 

Il était une fois…:

            …Une petite guerre nucléaire, dans les années 2150. 70% de la population a été tué et les radiations causent de graves mutations chez une partie des survivants. Ces personnes « différentes », généralement avec un physique déformé mais pas forcément de super-pouvoirs, sont victimes de racisme et d’une ségrégation de tous les instants. L’histoire suit Johnny Alpha, un chasseur de prime mutant qui appartient aux Strontium Dogs, une agence qui poursuit les criminels, normaux ou mutants. La série est d’un style inimitable et complètement barré, allant du western spaghetti futuriste à des histoires de révolutions mutantes parsemée d’enquêtes et de jeu de pouvoirs. Le ton est « libre », avec une utilisation d’argots et de bons mots pas toujours très fins mais diablement drôles. Je vous laisse aller jeter un œil sur tout cela et retournons un peu au jeu…

 

Des grands noms et des figurines:

            Je les ai déjà cités mais le système de jeu est créé par des grands noms de la figurine: Andy Chambers (bloodbowl,…) et Gavin Thorpe. Je ne vous cache pas que c’est ce que qui m’a attiré vers ce jeu au départ. Strontium Dogs est un jeu d’escarmouche d’environ 4 ou 5 personnages principaux et quelques secondaires. Le format du jeu est très libre pour permettre aux joueurs de pouvoir faire ce qu’ils veulent du narratif au jeu équilibré.

            Pour les figurines, nous voilà avec du 28mm en plomb de bonne qualité, montrant la constante progression de Warlord depuis quelques temps. Outre Johnny Alpha, la boite de base contient 7 autres protagonistes du comic de l’infâme Max Bubba au loyal Wulf Sternhammer, assez pour faire une « vraie » partie.

 

Le tour du système:

            Comme d’habitude, une partie utilise un scénario qui explicitera le déploiement et autres objectifs/règles spéciales. Petite originalité puisqu’il sera possible d’équiper sa bande après avoir pris connaissance du job (ie les objectifs) que doit remplir le joueur.

            Une partie est divisé en tours, tous joués de la même manière: Chaque figurine génère un marqueur d’action de la couleur de son joueur. On mélange tous les marqueurs dans un sac et on pioche. Le joueur dont la couleur est tirée peut faire agir une de ses figurines qui peut faire 2 actions simples ou une complexe. On laisse le marqueur à coté quand elle a fini pour signaler qu’elle ne peut plus être activée. Et on recommence jusqu’à ce que chaque personnage ait joué une fois.

 

Passons à l’action:

            Quand on active une figurine, elle a la possibilité de faire pas moins de 11 actions différentes:

            _ 5 simples comme bouger, tirer au jugé, lancer, se battre au corps à corps ou se remettre.

            _ 6 complexes comme sprinter, charger, faire un tir visé, se soigner, grimper/sauter ou se mettre en attente.

            Pour résoudre une action, il faudra souvent faire un jet de caractéristiques. Elles sont Mouvement, tir, combat, évasion, résistance et sang-froid et décrivent ce que peut faire une figurine. Strontium Dogs utilisent des dés spéciaux à 6 face mais avec des symboles différents: 3 « touchers », 2 « armures » et 1 « spécial ». La caractéristique correspond ainsi au nombre de dés à jeter, chaque situation ayant ses bonus/malus qui influenceront ce total. Si on accepte le tir (et en particulier les couverts), il est rare d’avoir plus d’un ou 2 modificateurs sur un jet et ils sont assez explicites, voir réalistes pour être facile à mémoriser.

 

Pourquoi celui-là?

            Maintenant que vous avez les bases, je sens la question habituelle poindre: pourquoi ce jeu plutôt qu’un autre?

            Si on excepte le visuel complètement déjanté et coloré, le jeu apporte plusieurs choses intéressantes. Déjà il est complet. Tout est décrit dans le livre de base, du décor aux véhicules en passant par le fait de débarquer d’urgence à désarmer une bombe. En plus d’un arsenal fourni, vous aurez une panoplie de seconds rôles à disposition de gardes aux civils pour représenter des personnages non joueurs ou des sbires. Enfin, vous pourrez créer vos propres personnages à partir de vos propres figurines. Pas besoin d’investir plus que la boite de base pour se faire plaisir.

            En termes de jeu, l’originalité va venir de l’utilisation des arcs de vue. Une figurine a un arc frontal et un arc arrière de 180 degrés mais aussi avant, arrière, gauche, droite de 90 degrés. Suivant l’action que vous faites, vous aurez des bonus si vous êtes dans le dos de votre adversaire par exemple mais aussi des malus. Si vous sprintez ou chargez, vous serez obligé d’aller dans votre arc avant. Si vous tirez avec 2 armes, vous devrez le faire dans l’arc de 90 degrés devant vous pour obtenir les bonus. Si vous vous mettez en attente, vous ne pourrez intervenir que si votre déclencheur est devant vous, ainsi de suite…

           

En conclusion:

            Il arrive parfois en regardant certains jeux de se demander pourquoi avoir mis des figurines dedans. Et ben, c’est exactement le contraire pour Strontium Dogs. Le jeu est purement un jeu de figurines, centré et basé sur elles. Avec des règles fluides et imprégnées constamment de la position de celles-ci, vous trouverez dans ce système une façon intelligente de raconter une histoire sur une table.

            Warlord Games avec la sortie de ce jeu marque le coup sur ce qu’un jeu d’été doit être: un monde délirant, une action nerveuse qui ne se prend pas la tête et un investissement faible. Pour 50 euros, vous aurez les figurines et le décor pour jouer, ainsi qu’un système de jeu libre qui vous permet d’utiliser les figurines que vous voulez. Ce n’est pas « l’amour à la plage », mais ça s’en rapproche…

Amusez vous

Guitou