Je ne savais pas trop comment aborder le sujet, pour être parfaitement honnête. Comme je l’ai cité dans un de mes autres articles, les rôlistes européens ont une aversion pour la figurine dans le jeu de rôle alors que les américains ont du mal à les dissocier, au point de ne pas savoir où classer un Heroquest. Alors, aujourd’hui, je vais vous parler de jeu de rôle. Et des figurines qui vont avec, voir même de comment les utiliser au mieux…

Du pourquoi de la controverse…

L’ancêtre « officiel » du jeu de rôle est un jeu nommé Chainmail. Il s’agit d’un jeu de guerre historique. Oui, un jeu de figurines historiques de masse. C’est Gary Gygax qui aurait ajouté des règles pour gérer le fantastique et le combat d’homme à homme, ce qui lui a inspiré le Donjon & Dragon. Vous contrôliez un héros, représenté par une figurine, et vous parcouriez un donjon, représenté par un plateau, pour en tirer trésors, gloires et autres babioles plus ou moins magiques que vous enleviez des griffes de dragons féroces. A l’époque, Donjon & Dragon n’était qu’un Dungeon Crawler, tel que Heroquest ou le plus récent Zombicide. Chaque figurine a sa fiche propre avec ses caractéristiques, des dés gèrent les attaques de chacun… et le suspense. Un des joueurs contrôle les méchants et les place sur le terrain pour donner de la surprise à l’histoire…

Certains ont alors décidé de se passer de la figurine : ils ont gardé le Maître du jeu qui ne se contente plus de jouer les monstres, les fiches pour les personnages et ils ont étendu le jeu à l’extérieur des donjons, les petites villes, les déserts, les jungles… enfin… tout ce qui les  enchantaient.  Ils se sont démocratisés et vendus en grandes surface pendant les années 80, souvent appelées « Age d’or du jeu de rôle ». Mais le jeu de rôle est un passe-temps qui ne rapporte pas autant que certains l’espéraient : un livre, un crayon, une feuille, quelques dés et ce sont des heures de jeux que vous pouvez vivre avec vos amis. Il est donc resté une contre-culture, pratiquée par des ados dans leurs coins…

La controverse est donc là : avec l’explosion du jeu de plateau, le Dungeon Crawler a le vent en poupe grâce à des jeux comme Impérial Assault de FFG. Il commence à proposer une activité qui peut être partagée par toute la famille alors que le jeu de rôle reste dans son coin, malgré des tentatives comme Château Adventures ou les packs d’initiation de FFG pour le faire sortir de ses réseaux habituels. Pour les puristes rôlistes, un jeu qui  contient des figurines n’est pas un jeu de rôle. Là où ils ont tort, c’est que la figurine peut être une aide exceptionnelle au jeu de rôle et en particulier à sa narration…

La place qu’on veut :

Les objections à la figurine tiennent en 2 arguments :

_ Le matériel et la mise en place. Les figurines sont chères et  les décors sont encombrants, de plus cela prend du temps à mettre en place.

_ Cela limite l’imagination et contraint l’histoire à ce que l’on voit.

Alors commençons directement par le 2eme argument. A quoi sert la figurine dans un jeu de rôle ?

Elle sert l’histoire. Elle est là pour aider le maître de jeu à expliquer à ses joueurs une situation.  Certaines fois, en particulier pendant les scènes de combats dans des salles de donjon, la confusion et rapidité de la scène est mieux représentée par un dessin ou quelques figurines. Prenons l’exemple de l’ordre de marche du groupe ou plus en détails celui d’un combat dans une salle vide ne contenant qu’un gobelin. Il n’est pas utile dans ce cas de recourir à la figurine pour résoudre cette situation… Les personnages le tabassent gentiment, le détroussent et s’en vont. Par contre, la rencontre avec le roi des gobelins dans sa salle du trône pleine de trésors avec sa garde d’honneur et son troll de compagnie méritera sa mise en scène. Cela aidera le Maître dans la description de la salle (puisqu’elle est visible), des ennemis aussi, accélérant ainsi le jeu et demandant aux joueurs moins d’efforts pour s’immerger.

A ce titre, comme toutes les règles du jeu de rôle, la figurine a la place que vous voulez bien lui donner. On reproche trop souvent à la figurine d’amener avec elle des règles trop compliquées qui alourdissent l’histoire.  Rappelez-vous que vous amenez avec vous que les règles que vous voulez bien amener. Un exemple : je n’utilise pas les règles de déplacement avec mes joueurs. On sait de combien ils se déplacent dans l’absolu. On se place au début selon la situation et ensuite, on se met au contact à l’œil, on ne compte pas les centimètres. Notre phase de combat est la même qu’elle serait sans les figurines, juste plus visuelle et facile pour eux. D’ailleurs pour être honnête avec vous, je ne me sers pas de décors, juste de figurines que je possède de ma collection ou de celle de mes joueurs. On les place à peu près, sur quelques dessins soit que j’imprime avant, soit que je trace (mal) à la volée et ça suffit amplement pour aider mes joueurs à visualiser mes descriptions…

La place nécessaire :

Alors pour le premier argument, il est évident que ce sera un investissement toujours plus cher qu’un simple livre et 3 dés. Néanmoins vous pouvez limiter l’investissement de plusieurs façons. Mais vous avez déjà des figurines ou des éléments qui peuvent agrémenter la table dans votre collection de jouets, de jeux ou de figurines. N’hésitez pas à aller fouiller dans vos réserves de vieux jouets, vous trouverez sans doute des trésors insoupçonnés. Les joueurs peuvent s’acheter chacun la figurine de leur héros et pourquoi pas quelques monstres les plus courant laissant au Maître du jeu l’achat de certains monstres ou boss spécifiques pour leur faire la surprise en le(s) plaçant au dernier moment sur la table ! Il existe aussi des gammes de figurines peu chères, généralement faites pour cela. Je pourrais vous citer plusieurs marques mais 2 ont particulièrement retenu notre attention ces derniers temps :

_ La gamme liée au jeu Frostgrave, d’Osprey Games et publié en français chez Studio Tomahawks. Il faut noter que le jeu est déjà l’équivalent d’un jeu de rôle et les figurines, réalisées par Northstar, couvrent tous les classiques du genre : Magiciens de toutes sortes, barbares, voleurs mais aussi les monstres comme des momies ou des loup-garous.

_ La gamme de Lucid Eye. Ce n’est pas un éditeur de jeu mais la qualité des figurines est excellente et vaste. Du médiéval fantastique à des figurines de la mythologie grecque ou du futuriste, vous avez de tout et à bas prix.

Faites aussi bien attention à ce que vous voulez figurer. Comme dit avant, ce doit être une aide visuelle pour le joueur et cela doit économiser les efforts du MJ.  Cela peut se présenter sous la forme d’une carte sur laquelle un petit bateau naviguera pour signaler la position des joueurs. Dans ce cas, une photocopie et un pion de jeu de plateau peut très bien faire l’affaire. Cela  peut se présenter sous la forme de figurines dans un décor type table de jeu d’escarmouche comme Warcry ou Necromunda, avec des arbres, des bâtiments etc… Là encore, pour parler d’une situation périlleuse qui nécessitera une résolution longue, il est facile de représenter un espace de quelques dalles et des figurines, pas la peine d’aller acheter une grosse quantité de décors. Restez pragmatique et ayez tout à portée de main facilement. Si vous ne l’avez pas, ce n’est pas grave soit vous avertissez vos joueurs, soit vous laissez tomber. Etre trop perfectionniste nuira à votre plaisir de jeu et à ceux de vos joueurs…

Conclusion :

La figurine peut sacrément servir le jeu de rôle. Il faut certes de la préparation mais elle peut permettre d’aider les  joueurs à mieux rentrer dans une scène ou au Maitre du jeu de se décharger d’une partie de certaines descriptions pour se concentrer sur l’action. Elle permet aussi d’avoir des petits souvenirs matériels, comme votre personnage tout le long de la campagne ou des images plus vivaces de ces longues heures de jeu de rôle…

Guitou

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